Un rayon de soleil ! une bête à bon Dieu !Un rayon de soleil ! une bête à bon Dieu ! Oh oui, je te comprends, printemps, tu m'insinues Que c'est le mois des fleurs, des bois, des gorges nues, Des billets doux ornés d'un' cœur d'où sort du feu,
Et que je pourrais voir en me penchant un peu, Si jusqu'au bord du toit mon regard se hasarde, Marguerite en chemise au fond de sa mansarde. Mois de— Maïa ! Lilàs, parfums, ruisseaux, bosquets,
Marquises regardant en dessous leurs laquais ! Les êtres sont poussés au péché par les choses ; Oh ! la douce saison que la saison des roses ! L'homme s'écrie : Amour ! et l'âne dit : hi han !
Au temps jadis, au temps du bel Esplandian Pour être en ce moment visité dans mon bouge Par Garlinde, j'aurais mordu dans du fer rouge, J'eusse été frénétique autour des voluptés,
J'aurais eu faim et soif de toutes les beautés, Pour la belle Euriante ou la belle Fosseuse, J'aurais au coin des murs cogné ma boîte osseuse, Je me serais tué, je me serais damné ;
Aujourd'hui, peuh ! la femme ! aujourd'hui j'ai dîné. Je resterais plus froid qu'Abeilard, le vrai sage, Lors même que Brahma viendrait dans son nuage M'apporter sur un lit en acajou tout neuf
Berthe aux grands pieds avec Junon aux yeux de bœuf ! Je suis Platon au lieu d'être un drôle robuste. Je tourne au marbre blanc et je deviens un buste. C'est beau, mais assommant ; c'est fort original,
Mais très fastidieux. Nodier à l'Arsenal M'eût juché sur un cippe entre deux bouquins jaunes. Que Suzon dans les prés dorme à l'ombre des aulnes, Qu'Anna, qui ravirait un faune au pied fourchu,
Fasse en penchant la tête entr'ouvrir son fichu, Je n'en profite pas. Je reste comme un terme. Avril ne me fait pas frissonner l'épiderme. A la barbe du mois de mai, je suis un sot.
Lise offre le duel, mais j'évite l'assaut. Le soir, sur mon grabat, en bâillant comme une huître, Je m'étends sans daigner regarder par ma vitre Si Vénus monte au ciel et Gretchen dans son lit.Si Vénus monte au ciel et Gretchen dans son lit.
Cookies on Poetry Cove