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1902

XCV

Victor HUGO

Le sépulcre géant d'étoiles se compose. Poète, tu l'as dit, la mort n'est autre chose Qu'un formidable azur d'astres illuminé. O poète, toi-même as jadis deviné

Que nous, les noirs gardiens des espaces sans borne, Nous livrions aux morts leur sérénité morne, Et que, dans le dedans du cercueil, nous faisions Pendre les lustres d'or des constellations.

Oui, la fosse contient tous les astres du rêve ; Meurs et vois ! De la nuit le couvercle se lève. Sombre éblouissement ! Les morts mystérieux Laissent de sphère en sphère errer leurs vagues yeux,

Et dressent, effarés, leur regard taciturne ' Dans les dômes sans fond du grand palais nocturne ; La mort, c'est l'ouverture effrayante des cieux ; L'immense firmament, tranquille et monstrueux,

Où vibre d'astre en astre un hymne séraphique, Emplit de ses soleils la tombe magnifique.

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