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1893

VIII

Victor HUGO

L'hiver gronde et fait cent querelles, Ô vieilles gens, ô vieilles gens, Aux girouettes, des tourelles ; Pendant qu'elles grincent entre elles,

Courez aux tripots indulgents, Ô jeunes gens, ô jeunes gens. L'araignée au mur fait sa trame, Ô vieilles gens, ô vieilles gens.

L'archet frémit, le gaz s'enflamme, L'aile du beau papillon femme Étale ses reflets changeants, Ô jeunes gens, ô jeunes gens.

Cachez de l'or dans vos paillasses, Ô vieilles gens, ô vieilles gens. Buvez du punch, prenez des glaces, Les rires narguent les grimaces,

Les masques raillent les sergents, Ô jeunes gens, ô jeunes gens. La mort tient tout dans ses doigts grêles, Ô vieilles gens, ô vieilles gens.

Vous serez dupés par les belles, Et vous fuirez hors de chez elles, Nus comme de petits Saint-Jeans, Ô jeunes gens, ô jeunes gens.

La mort vide vos escarcelles, Ô vieilles gens, ô vieilles gens. Les tourtereaux aux molles ailes Sont plumés par les tourterelles ;

Bouches roses et becs rongeants ; Ô jeunes gens, ô jeunes gens.

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