Skip to content
1853

VI

Victor HUGO

On est Tibère, on est Judas, on est Dracon ; Et l'on a Lambessa n'ayant plus Montfaucon. On forge pour le peuple une chaîne ; on enferme, On exile, on proscrit le penseur libre et ferme ;

Tout succombe. On comprime élans, espoirs, regrets, La liberté, le droit, l'avenir, le progrès, Comme faisait Séjan, comme fit Louis onze, Avec des lois de fer et des juges de bronze.

Puis. — c'est bien : — on s'endort, et le maître joyeux Dit : l'homme n'a plus d'âme et le ciel n'a plus d'yeux. Ô rêve des tyrans ! l'heure fuit, le temps marche, Le grain croît dans la terre et l'eau coule sous l'arche.

Un jour vient où ces lois de silence et de mort, Se rompant tout à coup comme sous un effort Se rouvrent à grand bruit des portes mal fermées, Emplissent la cité de torches enflammées.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
VI · Victor HUGO · Poetry Cove