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1843

Vere novo

Victor HUGO

Comme le matin rit sur les roses en pleurs ! Oh ! les charmants petits amoureux qu'ont les fleurs ! Ce n'est dans les jasmins, ce n'est dans les pervenches Qu'un éblouissement de folles ailes blanches

Qui vont, viennent, s'en vont, reviennent, se fermant, Se rouvrant, dans un vaste et doux frémissement. O printemps ! quand on songe à toutes les missives Qui des amants rêveurs vont aux belles pensives,

À ces cœurs confiés au papier, à ce tas De lettres que le feutre écrit au taffetas, Aux messages d'amour, d'ivresse et de délire Qu'on reçoit en avril et qu'en mai l'on déchire,

On croit voir s'envoler, au gré du vent joyeux, Dans les prés, dans les bois, sur les eaux, dans les cieux, Et rôder en tous lieux, cherchant partout une âme, Et courir à la fleur en sortant de la femme,

Les petits morceaux blancs, chassés en tourbillons, De tous les billets doux, devenus papillons.

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