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1881

TOURMENTE

Victor HUGO

Oh ! Comme tout devient terrible sur la mer ! Ces noirs chanteurs chantant sans cesse le même air, Les flots, dressent leur blanche crête ; Et la nuée accourt, soufflant sur l’eau qui fuit

Toute l’horreur du gouffre et tout ce que la nuit Contient de haine et de tempête ; Et voici l’ouragan qui monte en mugissant Avec un grincement de chaîne, et qui descend,

Et qui remonte dans la brume, Et moi, plus frissonnant que l’air dans mon manteau, Je dis : ― Seigneur ! Seigneur ! Qu’est-ce que le marteau Fait à cette heure sur l’enclume ?

Dieu ! Quels événements d’airain, quels rois de fer, Quels colosses armés des glaives de l’enfer, Quels géants à l’horrible forme, Vont sortir de votre ombre, et qu’allons-nous donc voir ? ―

Ainsi je rêve au bruit que fait sous le ciel noir Le soufflet de la forge énorme.

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TOURMENTE · Victor HUGO · Poetry Cove