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1881

SE LAISSER CALOMNIER

Victor HUGO

Quoi, frère, tu frémis parce qu’on te déchire ! Tu ne connais donc pas la force du sourire ! Quand tu te vois honni, hué, sifflé, raillé, Par des faquins à l’âme obscure, au nom souillé,

Qui firent cent métiers et jouèrent cent rôles, Tu prends trop de souci des choses que ces drôles Disent de toi. Ton front s’assombrit ; tu t’émeus Des sottises d’un tas de cuistres venimeux.

Regarde-moi. — Je suis seul, debout, sur la scène, On m’insulte, je ris de leur rage malsaine Et je vais ! Car mon cœur dans cet âpre chemin Sent aujourd’hui l’honneur et la gloire demain.

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SE LAISSER CALOMNIER · Victor HUGO · Poetry Cove