Skip to content
1853

QUERELLES DU SÉRAIL

Victor HUGO

Ciel ! après tes splendeurs qui rayonnaient naguère, Liberté sainte ; après toutes ces grandes guerres, Tourbillon inouï ; Après ce Marengo qui brille sur la carte,

Et qui ferait lâcher le premier Bonaparte À Tacite ébloui ; Après ces messidors, ces prairials, ces frimaires, Et tant de préjugés, d'hydres et de chimères,

Terrassés à jamais ; Après le sceptre en cendre et la Bastille en poudre, Le trône en flamme ; après tous ces grands coups de foudre Sur tous ces grands sommets ;

Après tous ces géants, après tous ces colosses, S'acharnant, malgré Dieu, comme d'ardents molosses, Quand Dieu disait : va-t'en ! Après ton océan, République Française,

Où nos pères ont vu passer Quatre-vingt-treize Comme Léviathan ; Après Danton, Saint-Just et Mirabeau, ces hommes, Ces titans — aujourd'hui, cette France où nous sommes !

Contemple l'embryon ! L'infiniment petit, monstrueux et féroce ! Et, dans la goutte d'eau, les guerres du volvoce Contre le vibrion !

Honte ! France, aujourd'hui, voici ta grande affaire : Savoir si c'est Maupas ou Morny qu'on préfère, Là-haut, dans le palais ; Tous deux ont sauvé l'ordre et sauvé les familles ;

Lequel l'emportera ? l'un a pour lui les filles, Et l'autre, les valets.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
QUERELLES DU SÉRAIL · Victor HUGO · Poetry Cove