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1902

PORTRAIT

Victor HUGO

Foin de cet orateur, pédant enchifrené De qui l'esprit ne sort qu'en passant par son né ! Son éloquence humide abonde en longs filandres. Quand ce bavard, pour mettre un terme à nos esclandres,

Paraît, blême et bouffi d'un ennui colossal, A la tribune, orné de son courroux nasal, Vous attendez qu'il tonne et moi qu'il éternue. Quoi ! du nasillement l'heure est-elle venue !

Oh ! le puissant tribun qui fait que les partis, Quand il parle, oubliant griefs, vœux, appétits, Et toi, Liberté sainte, aujourd'hui prisonnière, Pensent à leur mouéhoir et non à leur bannière !

Soit ; émerveillez-vous ! Fort bien, criez : bravo ! Moi je n'admire pas ce rhumé de cerveau. Certes, ce coryza, je l'avoue, est énorme, Stupéfiant, tenace à rendre un nez difforme,

Monstrueux, magnifique, horrible, point bénin ; Le rhume est d'un titan, mais le cerveau d'un nain.

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