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1877

ORPHÉE

Victor HUGO

J'atteste Tanaïs, le noir fleuve aux six urnes Et Zeus qui fait traîner sur les grands chars nocturnes Rhéa par des taureaux et Nyx par des chevaux, Et les anciens géants et les hommes nouveaux,

Pluton qui nous dévore, Uranus qui nous crée, Que j'adore une femme et qu'elle m'est sacrée. Le monstre aux cheveux bleus, Poséidon, m'entend ; Qu'il m'exauce. Je suis l'âme humaine chantant,

Et j'aime. L'ombre immense est pleine de nuées, La large pluie abonde aux feuilles remuées, Borée émeut les bois, Zéphir émeut les blés. Ainsi nos cœurs profonds sont par l'amour troublés.

J'aimerai cette femme appelée Eurydice, Toujours, partout ! Sinon que le ciel me maudisse, Et maudisse la fleur naissante et l'épi mûr ! Ne tracez pas de mots magiques sur le mur.

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