Pauvres mères toujours, sans redouter les lames,
Vous mettez votre amour, vos cœurs, vos soins craintifs,
Votre espérance en Dieu, votre avenir de femmes,
Tout ce que vous avez, dans les berceaux plaintifs.
Vous embarquez vos âmes
Dans ces frêles esquifs !
Car on sent palpiter pour l'humble créature
Le sein universel de l'immense nature,
Maternel océan où vont tous nos ruisseaux,
Qui berce en même temps sous les mêmes sourires
Tous ces petits navires
Qu'on nomme des berceaux !