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1902

[no title]

Victor HUGO

Pauvres mères toujours, sans redouter les lames, Vous mettez votre amour, vos cœurs, vos soins craintifs, Votre espérance en Dieu, votre avenir de femmes, Tout ce que vous avez, dans les berceaux plaintifs.

Vous embarquez vos âmes Dans ces frêles esquifs ! Car on sent palpiter pour l'humble créature Le sein universel de l'immense nature,

Maternel océan où vont tous nos ruisseaux, Qui berce en même temps sous les mêmes sourires Tous ces petits navires Qu'on nomme des berceaux !

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