Comme de la parole il use mal souvent,
À l'onde heureuse et pure,
Aux herbes, aux grands bois remués par le vent,
Dieu donne le murmure.
Afin de réveiller dans le coin le plus doux
Des âmes repliées
Les choses d'autrefois qui se plaignent en nous
Vaguement oubliées.
Je regarde passer sur le bois sérieux
Agité, mais paisible,
Cette brise de l'air, souffle mystérieux
D'une bouche invisible,
Qui porte à toi, son Dieu dont rien ne le distrait,
Les bruits que tu recueilles,
Et dont chaque bouffée ouvre dans la forêt
Des cavernes de feuilles.
Elle s'est échangée avec le gouffre amer.
La mer, grande et hautaine
M'a jeté son écume, et moi, j'ai dans la mer
Jeté toute ma haine.