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1902

[no title]

Victor HUGO

C'est le même infini qui, mer bleue, ombre épaisse, Roule, apporte, retire et rapporte sans cesse, Dans son flot que son flot poursuit, Le jour éblouissant, fantôme d'étincelles,

Vivant et frissonnant sous ses millions d'ailes, Et le cadavre de la nuit. Oh ! qui n'a pas tremblé quand l'heure la rapporte, Quand passe cette grande et formidable morte,

Les yeux fermés, sourde à nos vœux, Traînant comme des joncs les longs frissons de l'ombre Avec les vents, les bruits, les nuages sans nombre, Et les astres dans ses cheveux !

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