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1902

[no title]

Victor HUGO

Adieu, Paris, cité princesse, Palais d'ennui Où demain est masqué sans cesse Par aujourd'hui !

Adieu, Paris où tout est plâtre, Tout, peuple et roi, Plâtre l'église et le théâtre, Plâtre la loi !

Ville où, pouvoir, science, idée, Rien n'est debout, Où de temps en temps une ondée Emporte tout !

Adieu ! — que m'importe, mes maîtres, Votre fracas, Et ce sceptre qui va des prêtres Aux avocats !

Et, professeurs, tribuns, ministres, Tout ce que font Et tout ce que disent vingt cuistres A l'air profond !

Que m'importe vos temples vides, Ô mes pédants, Sans l'art dehors, maçons stupides ! Sans Dieu dedans !

Et votre Sorbonne importune Qui sonne creux ! Et votre bavarde tribune, Tréteau peureux,

Où sur la patrie opprimée On pleure à sec, Où vous sculptez la renommée En jupon grec !

Que me font vos poches souillées Que l'or emplit, Vos austérités débraillées Au pied du lit ;

Vos bannières de sang rouillées À chaque pli, Vos prétentions barbouillées D'un fard vieilli ;

Vos unanimités sifflées, Vox populi Vos ambitions essouflées Au pied sali ;

Vos popularités gonflées, Grosses d'oubli !

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