Adieu, Paris, cité princesse,
Palais d'ennui
Où demain est masqué sans cesse
Par aujourd'hui !
Adieu, Paris où tout est plâtre,
Tout, peuple et roi,
Plâtre l'église et le théâtre,
Plâtre la loi !
Ville où, pouvoir, science, idée,
Rien n'est debout,
Où de temps en temps une ondée
Emporte tout !
Adieu ! — que m'importe, mes maîtres,
Votre fracas,
Et ce sceptre qui va des prêtres
Aux avocats !
Et, professeurs, tribuns, ministres,
Tout ce que font
Et tout ce que disent vingt cuistres
A l'air profond !
Que m'importe vos temples vides,
Ô mes pédants,
Sans l'art dehors, maçons stupides !
Sans Dieu dedans !
Et votre Sorbonne importune
Qui sonne creux !
Et votre bavarde tribune,
Tréteau peureux,
Où sur la patrie opprimée
On pleure à sec,
Où vous sculptez la renommée
En jupon grec !
Que me font vos poches souillées
Que l'or emplit,
Vos austérités débraillées
Au pied du lit ;
Vos bannières de sang rouillées
À chaque pli,
Vos prétentions barbouillées
D'un fard vieilli ;
Vos unanimités sifflées,
Vox populi
Vos ambitions essouflées
Au pied sali ;
Vos popularités gonflées,
Grosses d'oubli !