Skip to content
1883

[no title]

Victor HUGO

Je marchais au hasard, devant moi, n'importe où ; Et je ne sais pourquoi je songeais à Coustou Dont la blanche bergère, au seuil des Tuileries, Faite pour tant d'amour, a vu tant de furies.

Que de crimes commis dans ce palais ! hélas ! Les sculpteurs font voler marbre et pierre en éclats Et font sortir des blocs dieux et déesses nues Qui peuplent des jardins les longues avenues.

O fantômes sacrés ! O spectres radieux ! Leur front serein contemple et la terre et les cieux Le temps n'altère pas leurs traits indélébiles ; Ils ont cet air profond des choses immobiles ;

Ils ont la nudité, le calme et la beauté ; La nature en secret sent leur divinité ; Les pleurs mystérieux de l'aube les arrosent. Et je ne comprends pas comment les hommes osent,

Eux dont l'esprit n'a rien que d'obscures lueurs, Montrer leur cœur difforme à ces marbres rêveurs.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
[no title] · Victor HUGO · Poetry Cove