L'homme habiterait l'ombre et serait au secret ! L'homme habiterait l'ombre et serait au secret !
Marcher serait errer ! l'aîle serait punie !
L'aurore, ô cieux profonds, serait une ironie !
Alors, tout haut, levant la voix, levant les bras,
Éperdu, je criai : - Cela ne se peut pas !
Grand Inconnu ! méchant ou bon ! grand Invisible !
Je te le dis en face, Être ! c'est impossible !
Une seconde fois dans l'effrayant ciel noir
On éclata de rire, et, muet, sans pouvoir
Deviner d'où venait cette gaîté terrible,
Je regardai, lutteur frémissant, l'ombre horrible.
- Qui donc a ri ? criai-je égaré. Quel qu'il soit,
Qu'il se montre.
Alors, blême et se tenant tout droit,
Je vis monter du fond de l'abîme un suaire.
Ses plis vagues jetaient une odeur d'ossuaire ;
Et sous le drap hideux et livide on sentait
Un de ces êtres noirs sur qui la nuit se tait.
C'était de ce linceul qu'était sorti ce rire.
Sans que la sombre voix s'élevât pour le dire,
Je le compris ; ma chair frémit ; mon front pâlit.
L'être voilé, debout, comme quelqu'un qui lit
En tournant gravement les pages d'un registre,
Se mit à me parler, lent, paisible et sinistre :