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1883

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Victor HUGO

Regardez-les jouer sur le sable accroupis, Ou sur l'herbe, au milieu des fleurs, tendre tapis ; L'un traîne la charrette et l'autre tient la pelle. Le paradis leur parle et l'hymen les appelle.

Six ans donne parfois une tape à trois ans. Puis l'âge vient, on marche, ô frais sentiers glissants ! Elle a six ans, il a neuf ans ; on se marie ; L'aurore et le printemps sont en coquetterie ;

Les moineaux dans les bois font des choses entre eux Qui changent deux enfants dans l'ombre en amoureux. Encore un an, ou deux ; les filles sont farouches, Tout à coup, disent non, et sentent sur leur bouche

L'éclosion charmante et sombre du baiser ; O mères, prenez garde ! Éros vient se poser Dans les cœurs ; fauve oiseau, sans loi, sans frein, sans règle, Qui commence en colombe et finit comme l'aigle.

N'importe ! c'est exquis. Cupidon est Bébé ; Pyrame ne sait pas de quel sexe est Thisbé ; Et Bérénice joue au volant avec Tite. Bel âge, où l'idylle est encor toute petite !

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