Skip to content
1843

N'envions rien

Victor HUGO

O femme, pensée aimante Et cœur souffrant, Vous trouvez la fleur charmante Et l'oiseau grand ;

Vous enviez la pelouse Aux fleurs de miel ; Vous voulez que je jalouse L'oiseau du ciel.

Vous dites, beauté superbe Au front terni, Regardant tour à tour l'herbe Et l'infini :

« Leur existence est la bonne ; « Là, tout est beau ; « Là sur la fleur qui rayonne, « Plane l'oiseau !

« Près de vous, aile bénie, « Lis enchanté, « Qu'est-ce, hélas ! que le génie « Et la beauté ?

« Fleur pure, alouette agile, « A vous le prix ! « Toi, tu dépasses Virgile ; « Toi, Lycoris !

« Quel vol profond dans l'air sombre ! « Quels doux parfums ! — » Et des pleurs brillent sous l'ombre De vos cils bruns.

Oui, contemplez l'hirondelle, Les liserons ; Mais ne vous plaignez pas, belle, Car nous mourrons !

Car nous irons dans la sphère De l'éther pur ; La femme y sera lumière, Et l'homme azur ;

Et les roses sont moins belles Que les houris ; Et les oiseaux ont moins d'ailes Que les esprits !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
N'envions rien · Victor HUGO · Poetry Cove