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1877

MOSCHUS

Victor HUGO

O nymphes, baignez-vous à la source des bois. Le hallier, bien qu'il soit rempli de sombres voix, Quoiqu'il ait des rochers où l'aigle fait son aire, N'est jamais envahi par l'ombre qui s'accroît

Au point d'être sinistre et de n'avoir plus droit A la nudité de Néère. Néère est belle, douce et pure, et transparaît Blanche, à travers l'horreur de la noire forêt ;

Un essaim rôde et parle aux fleurs de la vallée, Un écho dialogue avec l'écho voisin, Qu'est-ce que dit l'écho ? qu'est-ce que dit l'essaim ? Qu'étant nue, elle est étoilée !

Car l'éblouissement des astres est sur toi Quand tu te baignes, chaste, avec ce vague effroi Que toujours la beauté mêle à sa hardiesse, Sous l'arbre où l'œil du faune ardent te cherchera.

Tu sais bien que montrer la femme, ô Néèra, C'est aussi montrer la déesse. Moi, quoique par les rois l'homme soit assombri, Je construis au-dessus de ma tête un abri

Avec des branches d'orme et des branches d'yeuse ; J'aime les prés, les bois, le vent jamais captif, Néère et Phyllodoce, et je suis attentif A l'idylle mélodieuse.

Parce que, dans cette ombre où parfois nous dormons, De lointains coups de foudre errent de monts en monts, Parce que tout est plein d'éclairs visionnaires, Parce que le ciel gronde, est-il donc en marchant

Défendu de rêver, et d'écouter le chant D'une flûte entre deux tonnerres ?

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