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1893

LXIII

Victor HUGO

Les anges du Seigneur passent de temps en temps ; Leurs robes dans l'azur font des plis éclatants ; Leurs ailes, qui d'en haut éblouissent nos âmes, Sont des ruissellements de rayons et de flammes ;

Ils planent en parlant sur nos fronts-ténébreux ; Les âmes justes vont pensives derrière eux Ramassant ce qui tombe, ainsi que des glaneuses ; Ils disent dans la nuit des choses lumineuses ;

Leur lèvre pure, où chante et luit l'éternité, Laisse échapper sans fin un verbe de clarté, Si bien que, lorsqu'ils sont dans nos ombres farouches, À la lueur des mots on peut suivre leurs bouches.

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