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1893

LVIII

Victor HUGO

Ne laissez rien partir sans adieu que la tombe Emporte consolés, hélas ! ceux qu'elle atteint. Accordez un soupir à la rose qui tombe ! Accordez un regard à l'astre qui s'éteint !

La femme veut qu'on l'aime. Et l'oiseau ne réclame Qu'une oreille écoutant son chant plaintif et beau. Que le dernier amour trouve une dernière âme ! Et que le dernier chant trouve un dernier écho !

Vous que le croyant voit, vous que les penseurs rêvent, Seigneur, prenez pitié de l'humaine clameur. Vers vous de toutes parts, nos bras tendus se lèvent. Apaisez ce qui vit ; consolez ce qui meurt.

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