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1893

LII

Victor HUGO

Horace, et toi, vieux La Fontaine, Vous avez dit : Il est un jour Où le cœur qui palpite à peine Sent comme une chanson lointaine —

Mourir la joie et fuir l'amour. — Ô poètes, l'amour réclame Quand vous dites : Nous n'aimons plus, Nous pleurons, nous n'avons plus d'âme,

Nous cachons dans nos cœurs, sans flamme Cupidon goutteux et perclus. — Le temps d'aimer jamais rie passe, Non, jamais le cœur n'est fermé.

Hélas ! vieux Jean, ce qui s'efface, Ce qui s'en va, mon doux Horace, C'est le temps où l'on est aimé.

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