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1902

LI

Victor HUGO

C'est le ciel que la tombe, aube obscure, reflète ; Le gouffre a pour barreaux les côtes du squelette ; On entend, comme ceux qui songent sur un bord, Bruire l'infini dans le vide du crâne ;

Et le Dieu qui pardonne, et le Dieu qui condamne Luit dans les deux yeux de la mort. La clarté du cercueil, pour nous fils des désastres, O nuit sombre, est égale à la clarté des astres ;

Comment devant les morts s'aveugler et nier ? Ce qui vécut est plein du mystère sublime ; L'immensité rayonne étoile dans l'abîme Et cadavre dans le charnier.

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