Skip to content
1826

LE NUAGE

Victor HUGO

Ce beau nuage, ô Vierge, aux hommes est pareil. Bientôt tu le verras, grondant sur notre tête, Aux champs de la lumière amasser la tempête, Et leur rendre en éclairs les rayons du soleil.

Oh ! qu'un ange longtemps d'un souffle salutaire Le soutienne en son vol, tel que l'ont vu tes yeux ! Car s'il descend vers nous, le nuage des cieux N'est plus qu'un brouillard sur la terre.

Vois, pour orner le soir, ce matin il est né. L'astre géant, fécond en splendeurs inconnues, Change en cortège ardent l'amas jaloux des nues : Le génie est plus grand d'envieux couronné !

La tempête qui fuit d'un orage est suivie : L'âme a peu de beaux jours ; mais, dans son ciel obscur, L'amour, soleil divin, peut dorer d'un feu pur Le nuage errant de la vie.

Hélas ! ton beau nuage aux hommes est pareil. Bientôt tu le verras, grondant sur notre tête, Aux champs de la lumière amasser la tempête, Et leur rendre en éclairs les rayons du soleil !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LE NUAGE · Victor HUGO · Poetry Cove