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1826

LE MATIN

Victor HUGO

Le voile du matin sur les monts se déploie. Vois, un rayon naissant blanchit la vieille tour ; Et déjà dans les cieux s'unit avec amour, Ainsi que la gloire à la joie,

Le premier chant des bois aux premiers feux du jour. Oui, souris à l'éclat dont le ciel se décore ! — Tu verras, si demain le cercueil me dévore, Luire à tes yeux en pleurs un soleil aussi beau,

Et les mêmes oiseaux chanter la même aurore, Sur mon noir et muet tombeau ! Mais dans l'autre horizon l'âme alors est ravie. L'avenir sans fin s'ouvre à l'être illimité.

Au matin de l'éternité, On se réveille de la vie, Comme d'une nuit sombre ou d'un rêve agité !

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