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1865

LE LENDEMAIN

Victor HUGO

Un vase, flanqué d'un masque, En faïence de Courtrai, Vieille floraison fantasque Où j'ai mis un rosier vrai,

Sur ma fenêtre grimace, Et, quoiqu'il soit assez laid, Ce matin, du toit d'en face, Un merle ami lui parlait.

Le merle, oiseau leste et braque, Bavard jamais enrhumé, Est pitre dans la baraque Toute en fleurs, du mois de mai.

Il contait au pot aux roses Un effronté boniment, Car il faut de grosses choses Pour faire rire un Flamand.

Sur une patte, et l'air farce, Et comme on vide un panier, Il jetait sa verve éparse De son toit à mon grenier.

Gare au mauvais goût des merles ! J'omets ses propos hardis ; Son bec semait peu de perles ; Et moi, rêveur, je me dis :

La minute est opportune ; Je suis à m'éprendre enclin ; Puisque j'ai cette fortune De rencontrer un malin,

Il faut que je le consulte Sur ma conquête d'hier. Et je cria : — Merle adulte, Sais-tu pourquoi je suis fier ?

Il dit, gardant sa posture, Semblable au diable boiteux : — C'est pour la même aventure Dont Gros-Guillaume est honteux.

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LE LENDEMAIN · Victor HUGO · Poetry Cove