Skip to content
1893

LE CHŒUR

Victor HUGO

Les hommes sont à l'œuvre en leur antre profond, La grande cité sombre ils font tout ce qu'ils font Avec de la noirceur et de la petitesse ; Leurs puissants chefs, qu'on nomme empereur, sire, altesse,

Sont chétifs les passants vont et viennent autour Du soldat dans sa tente et du roi : dans sa tour La foule rôde et guette, agitée et diffuse ; Et le maître a la force et l'esclave a la ruse ;

Des chars roulent, on bat l'enclume, la rumeur Passe et disperse au loin des noms comme un semeur ; La haine est dans les cœurs, le fiel est dans les bouches, Et les événements sortent de là, farouches :

Le bien, se forge avec le mal tout est mêlé Une porte, dont nul ici-bas n'a la clé, Ferme la destinée, enceinte ténébreuse ; Et tous y sont murés ; on fouille, on sonde, on creuse,

On cherche ; et le penseur, rêve devant l'effort Et le grand bruit qué font ces condamnés à mort.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LE CHŒUR · Victor HUGO · Poetry Cove