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1843

La Nichée sous le portail

Victor HUGO

Oui, va prier à l'église, Va ; mais regarde en passant, Sous la vieille voûte grise, Ce petit nid innocent.

Aux grands temples où l'on prie, Le martinet, frais et pur, Suspend la maçonnerie Qui contient le plus d'azur.

La couvée est dans la mousse Du portail qui s'attendrit ; Elle sent la chaleur douce Des ailes de Jésus-Christ.

L'église, où l'ombre flamboie, Vibre, émue à ce doux bruit ; Les oiseaux sont pleins de joie, La pierre est pleine de nuit.

Les saints, graves personnages Sous les porches palpitants, Aiment ces doux voisinages Du baiser et du printemps.

Les vierges et les prophètes Se penchent dans l'âpre tour, Sur ces ruches d'oiseaux faites Pour le divin miel amour.

L'oiseau se perche sur l'ange ; L'apôtre rit sous l'arceau. « Bonjour, saint ! » dit la mésange. Le saint dit : « Bonjour, oiseau ! »

Les cathédrales sont belles Et hautes sous le ciel bleu ; Mais le nid des hirondelles Est l'édifice de Dieu.

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