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1893

LA GRECQUE ET LA PARISIENNE

Victor HUGO

La grecque et la parisienne Font, parmi nos couples railleurs, Comme à travers l'idylle ancienne, La même course dans les fleurs.

Toutes deux sont l'amour, la joie, Le coup d'œil tendre ou hasardeux, Le caprice, et pour qu'on les voie Elles se cachent toutes deux.

Toutes deux montrant leurs épaules Pour dire oui prononcent non, Et Galatée est sous les saules Comme sous l'éventail Ninon.

Deux sœurs ! à qui la préférence ? Pan hésite au fond des forêts Entre l'Arcadie et la France, Entre Théocrite et Segrais.

Romainville vaut le Taygète ; Et, ramassant sur tous ses pas Les bouquets que le temps lui jette, L'églogue ne donnerait pas,

Dans sa clairière, où la noisette A sa place à côté des lys, Le bas bien tiré de Frisette Pour les pieds nus d'Amaryllis.

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LA GRECQUE ET LA PARISIENNE · Victor HUGO · Poetry Cove