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1893

IV

Victor HUGO

Aucune aile ici-bas n'est pour longtemps posée. Quand elle était petite, elle avait un oiseau ; Elle le nourrissait de pain et de rosée, Et veillait sur son nid comme sur un berceau.

Un soir il s'échappa.Que de plaintes amères ! Dans mes bras en pleurant je la vis accourir… — Jeunes filles, laissez, laissez, ô jeunes mères, Les oiseaux s'envoler et les enfants mourir !

C'est une loi d'en haut qui veut que tout nous quitte. Le secret du Seigneur, nous le saurons un jour. Elle grandit. La vie, hélas ! marche si vite ! Elle eut un doux enfant, un bel ange, un amour.

Une nuit, triste sort des choses éphémères ! Cet enfant s'éteignit, sans pleurer, sans souffrir… — Jeunes filles, laissez, laissez, ô jeunes mères, Les oiseaux s'envoler et les enfants mourir !

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