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1893

III

Victor HUGO

Vois-tu, mon ange, il faut accepter nos douleurs. L'amour est comme la rosée Qui luit de mille feux et de mille couleurs Dans l''ombre où l'aube l'a posée.

Rien n'est plus radieux sous le haut firmament ; De cette goutte d'eau qui rayonne un moment N'approchez pas vos yeux que tant de splendeur charme ; De loin, c'était un diamant,

De près, ce n'est plus qu'une larme. Souffrons, puisqu'il le faut. Aimons et louons Dieu ! L'amour, c'est presque toute l'âme. Le Seigneur aime à voir brûler sous le-ciel bleu

Deux cœurs, mêlant.leur double flamme. Il fixe sur-nous tous son œil calme et clément, Mais parmi ces vivants qu'il voit incessamment Marcher, lutter, courir, récolter ce qu'ils sèment,

Dieu regarde plus doucement Ceux qui pleurent parce qu'ils aiment !

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