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1872

III

Victor HUGO

Par une sérénade on fête ma clémence. A mort ! est le refrain de la douce romance. Les journaux prêtres font un vacarme effrayant. — Cet homme ose défendre un ennemi fuyant !

Quelle audace ! il nous croit honnêtes ! il nous brave ! — Les maîtres ont la rage et les valets la bave. Meute de sacristains, meute de hobereaux. L'encensoir furieux me casse mes carreaux ;

De tous les goupillons, de toutes les prières, L'eau bénite sur moi tombe en grêle de pierres ; On m'exorcise tant qu'on m'assassine un peu. Bref je suis expulsé par la grâce de Dieu.

— Va-t'en ! — tous les pavés pleuvent, et tous les styles. Je suis presque ébloui de tant de projectiles. Au-dessus de mon nom on sonne le tocsin. — Brigand ! incendiaire ! assassin ! assassin ! —

Et nous restons, après cette bataille insigne, Eux, blancs comme un corbeau, moi, noir comme le cygne.

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