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1902

III

Victor HUGO

« Le Hartz est un pays de frênes et— d'érables ; Nous chassions devant nous un tas de misérables, En guenilles, fuyant : à travers les halliers ; Hommes, femmes, enfants ; n'ayant pas de souliers,

Nous étions sans pitié pour les pieds nus des autres ; En guerre on dit : Chacun ses haillons, vous les vôtres, Moi les miens ; on est peu sensible, on a raison, Et pour faire sa soupe on brûle une maison.

« Pensif, je constatais ces mœurs, sans trop m'y plaire. On n'a pas de scrupule, on n'a pas de colère, On sent qu'on est victime, on est des meurtriers, On chante, on a la joie étrange des guerriers ;

Et les choses qu'on fait, dans le sang et les flammes, Sont illustres ; sinon elles seraient infâmes ».

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