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1893

II

Victor HUGO

— Admire, enfant ! souvent aux marins de Messine Un pauvre feu de pâtre au loin montre et dessine Charybde ou bien Scylla. Il conduit le nocher dans sa route prospère !…

— Mais, répondit l'enfant, l'étoile aussi, mon père, Peut servir à cela. — O mon fils, ô mon fils ! tu l'as dit ! Parle encore ! O front pur qui vers moi montes comme une aurore,

Mon enfant bien-aimé ! Tout est grand ! Tout est bon ! tu l'as dit de ta bouche Qui versa tant de fois sur mon esprit farouche Son souffle parfumé !

Tu l'as dit ! un seul mot de ta« pure innocence — Vaut mieux que ma sagesse et plus que ma science, Enfant religieux ! Pour un regard d'enfant le ciel n'a pas de voiles.

Où pourrait-on trouver le secret des étoiles Si ce n'est dans tes yeux ?

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