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1853

IDYLLES

Victor HUGO

Vibrez, trombone et chanterelle ! Les oiseaux chantent dans les nids. La joie est chose naturelle. Que Magnan danse la trénis

Et Saint-Arnaud la pastourelle ! Miserere ! Miserere ! Des lampions dans les charmilles !

Des lampions dans les buissons ! Mêlez-vous, sabres et mantilles ! Chantez en chœur, les beaux garçons ! Dansez en rond, les belles filles !

Miserere ! Miserere ! Jouissons ; l'amour nous réclame. Chacun, pour devenir meilleur,

Cueille son miel, nourrit son âme, L'abeille aux lèvres de la fleur, Le sage aux lèvres de la femme ! Miserere !

Miserere ! L'empire se met aux croisées : Rions, jouons, soupons, dînons. Des pétards aux Champs-Élysées !

À l'oncle il fallait des canons, Il faut au neveu des fusées. Miserere ! Miserere !

Pas de scrupules ! pas de morgue ! À genoux ! un bedeau paraît. Le tambour obéit à l'orgue. Notre ardeur sort du cabaret

Et notre gloire est à la morgue. Miserere ! Miserere ! Mangeons, buvons, tout le conseille !

Heureux l'ami du raisin mûr, Qui toujours, riant sous sa treille, Trouve une grappe sur son mur Et dans sa cave une bouteille !

Miserere ! Miserere ! Jupiter l'ordonne, on révère Le succès, sur le trône assis.

Trinquons ! Le prêtre peu sévère Vide son âme de soucis Et de vin vieux emplit son verre ! Miserere !

Miserere !

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