Skip to content
1877

I

Victor HUGO

Mon âme est faite ainsi que jamais ni l'idée, Ni l'homme, quels qu'ils soient, ne l'ont intimidée ; Toujours mon cœur, qui n'a ni bible ni koran, Dédaigna le sophiste et brava le tyran ;

Je suis sans épouvante étant sans convoitise ; La peur ne m'éteint pas et l'honneur seul m'attise ; J'ai l'ankylose altière et lourde du rocher ; Il est fort malaisé de me faire marcher

Par désir en avant ou par crainte en arrière ; Je résiste à la force et cède à la prière, Mais les biens d'ici-bas font sur moi peu d'effet ; Et je déclare, amis, que je suis satisfait,

Que mon ambition suprême est assouvie, Que je me reconnais payé dans cette vie, Et que les dieux cléments ont comblé tous mes veux. Tant que sur cette terre, où vraiment je ne veux

Ni socle olympien, ni colonne trajane, On ne m'ôtera pas le sourire de Jeanne.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
I · Victor HUGO · Poetry Cove