Skip to content
1877

I

Victor HUGO

Jeanne songeait, sur l'herbe assise, grave et rose ; Je m'approchai : — Dis-moi si tu veux quelque chose, Jeanne ? — car j'obéis à ces charmants amours, Je les guette, et je cherche à comprendre toujours

Tout ce qui peut passer par ces divines têtes. Jeanne m'a répondu : — Je voudrais voir des bêtes. Alors je lui montrai dans l'herbe une fourmi. — Vois ! Mais Jeanne ne fut contente qu'à demi.

— Non, les bêtes, c'est gros, me dit-elle. Leur rêve, C'est le grand. L'Océan les attire à sa grève, Les berçant de son chant rauque, et les captivant

Par l'ombre, et par la fuite effrayante du vent ; Ils aiment l'épouvante, il leur faut le prodige. — Je n'ai pas d'éléphant sous la main, répondis-je. Veux-tu quelque autre chose ? ô Jeanne, on te le doit !

Parle. — Alors Jeanne au ciel leva son petit doigt. — Ça, dit-elle. — C'était l'heure où le soir commence. Je vis à l'horizon surgir la lune immense.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
I · Victor HUGO · Poetry Cove