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1893

HERMINA

Victor HUGO

J'atteignais l'âge austère où l'on est fort en thème, Où l'on cherche, enivré d'on ne sait quel parfum, Afin de pouvoir dire éperdument : Je t'aime ! Quelqu'un.

J'entrais dans ma treizième année. Ô feuilles vertes ! Jardins ! croissance obscure et douce du printemps ! Et j'aimais Hermina, dans l'ombre. Elle avait, certes, Huit ans.

Parfois, bien qu'elle fût à jouer occupée, J'allais, muet, m'asseoir près d'elle, avec ferveur Et je la regardais regarder sa poupée, Rêveur.

Il est une heure étrange où l'on sent l'âme naître. Un jour, j'eus comme un chant d'aurore au fond du cœur. Soit, pensai-je ! Avançons, parlons, c'est l'instant d'être Vainqueur.

Je pris un air profond, et je lui dis : — Minette, Unissons nos destins. Je demande ta main. — Elle me répondit par cette pichenette : — Gamin !

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