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1865

FÊTES DE VILLAGE EN PLEIN AIR

Victor HUGO

Le bal champêtre est sous la tente. On prend en vain des airs moqueurs ; Toute une musique flottante Passe des oreilles aux cœurs.

On entre, on fait cette débauche De voir danser en plein midi Près d'une Madelon point gauche Un Gros-Pierre point engourdi.

On regarde les marrons frire ; La bière mousse, et les plateaux Offrent aux dents pleines de rire Des mosaïques de gâteaux.

Le soir on va dîner sur l'herbe ; On est gai, content, berger, roi, Et, sans savoir comment, superbe, Et tendre, sans savoir pourquoi.

Feuilles vertes et nappes blanches ; Le couchant met le bois en feu ; La joie ouvre ses ailes franches : Comme le ciel immense est bleu !

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