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1902

F° 230-31

Victor HUGO

Tu sembles. étonné : je ne puis te comprendre. Est-ce que tout n'est pas comme il doit être enfin ? L'envie est sur la terre une espèce de faim. L'homme, te voyant grand, réprime ce désordre.

Le tigre ouvre sa gueule et le ver veut te mordre ; On te jette l'injure et le rire et l'affront, L'homme à prendre un caillou sur ton passage est prompt, Le lâche te déchire et le puissant t'exile,

Et tu te plains ! de quoi ? Veux-tu donc, imbécile, N'ayant fait que du bien, n'avoir pas d'ennemis ? Les bons, les sages ? Cherche où l'homme les a mis. Un juste, c'est gênant, et cela nous encombre.

L'humanité, qui va comme elle peut dans l'ombre, N'a-t-elle pas craché sur un. nommé Jésus ? Quand une croix se dresse, il faut être dessus, Et non dessous. Je plains, non ceux dont le sang coule,

Mais ceux qui sont l'escorte et ceux qui sont la foule. L'œil tragique d'un saint dans le bûcher ardent M'attriste moins que l'œil stupide regardant. Les durs tourments subis font la gloire viable.

La chose par-dessus toute chose enviable, C'est le partage avec les martyrs généreux. Je suis jaloux de voir qu'ils gardent tout pour eux. Ce qu'on doit savourer avec d'âpres délices,

C'est la dernière goutte au fond des grands calices. Le ciel qui s'ouvre emplit la mort de sa fierté ; Oh ! souffrons ! quant à moi, je suis toujours tenté De demander leur reste aux buveurs de ciguë.De demander leur reste aux buveurs de ciguë.

aiguë bisaiguë ambiguë on aiguë exiguë contiguëaiguë bisaiguë ambiguë on aiguë exiguë contiguë

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