Ce vieux chêne, est si grandCe vieux chêne, est si grand
Qu'à l'horizon nocturne il semble un monticule.
Souvent je suis venu le voir au crépuscule
Quand Vénus à travers ses branchages brillait.
La verdure profonde et large de juillet
Pend à cet arbre immense en haillons magnifiques.
Autour de lui, forêts, vallons, champs pacifiques,
Palpitent ; on entend des murmures confus,
Et des fourmillements de feuillages touffus ;
On croit tout bas dans l'ombre ouïr souffler des lèvres.
Il n'est point de berger, poussant moutons ou chèvres,
Qui ne presse le pas en passant là les soirs ;
Car un esprit caché vit dans les rameaux noirs,
Dans la -mousse et le jonc, dans l'herbe et la broussaille,
Et la sombre nature au fond des bois tressaille.