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1902

F° 160

Victor HUGO

... Ô dur renversement des choses naturelles ! Quoi ! c'est toi que voilà ! quoi ! c'est moi que voici ! Il n'est pas juste, ô Dieu, que cela soit ainsi ! C'est fini :‒ Fini ! ‒ Quoi ! tu n'es plus où nous sommes,

Enfant ! tu n'entends plus le bruit que font les hommes ! Est-il possible, enfant ! que tu n'entendes plus ! Quoi ! je suis triste et vieux, soixante ans révolus M'ont blanchi, m'ont brisé, je suis une ombre obscure !

Toi, tes cheveux sont noirs, ta face est jeune et pure, Tes yeux étaient remplis d'un rayon du matin !... C'est une chose étrange, hélas ! que le destin Ait dérangé la place où nous mettaient nos âges,

Que, malgré la raison et les justes présages, Il te prenne, et me laisse avec mon noir dégoût, Et que tu sois couché lorsque je suis debout !

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F° 160 · Victor HUGO · Poetry Cove