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1902

F° 147

Victor HUGO

Être prude et médire ! Eh bien, je vous en veux À vous, femme charmante et fraîche, aux blonds cheveux. Mal parler du prochain, vraiment, cela, madame, Gâte une bouche rose et tache une belle âme.

Haïr sous le ciel pur, haïr dans les prés verts ! Non, il vaut mieux aimer, même un peu de travers. voyez cette mer bleue avec ses larges lames ; Écoutez le doux rire. innocent de ces femmes

Qui traînent des filets et qui mêlent leurs jeux, Leurs chants et leurs pieds nus aux grands flots orageux ; Le travail assainit les âmes apaisées Par les astres, les vents, les fleurs et les rosées ;

Elles, ne sauraient pas dire les mots méchants, Car ces filles des mers sont les filles des champs ; Elles n'ont pas de. fiel, elles n'ont pas d'envie. Si par trop de vertu vous attristez la vie

Désapprouvant toujours ce que les autres font, Moi le contemplateur de l'océan profond Je me fâche, et. je sens, mon blâme qui se dresse. Soyez plutôt pêcheuse ; et même pécheresse.

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