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1902

F° 146

Victor HUGO

Emporté par-dessus les choses de la terre, J'ai laissé le précis, le moi, le volontaire, Le distinct, le cherché, le tenté, le voulu, J'ai quitté l'idéal et sondé l'absolu ;

J'ai trouvé là le fond mystérieux de l'être ; Ignorant ce que c'est que toucher ou connaître A peu près, de côté, par hasard, par essai, Et ne sachant qu'un mot redoutable, le Vrai,

Mot qui tient Tout. Avec tes chants, tes cris, bruits de feuilles et d'ailes, Ta sans regrets, tes soupirs sans ennui, viens, aurore, viens voir. ta nuit

Viens, terrestre aube, voir tes clartés éternelles !

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F° 146 · Victor HUGO · Poetry Cove