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1902

F° 128-129

Victor HUGO

Sachez que dans ce siècle un seul homme est à craindre, Un seul homme, est sacré, malgré plainte et clameurs, Celui devant lequel tremblent les imprimeurs, Celui qui peut en frais, chicanes arbitraires,

Coûts et procès-verbaux, ruiner les libraires ! Le reste, on vous le livre ! ‒ Oh ! mais pour celui-là, Si jamais jusqu'à lui votre pamphlet vola, Vous ne trouverez plus un imprimeur qui veuille

Auprès de votre nom signer un quart de feuille. Diable ! n'y touchez point ! vous. seriez hors la loi. Vous croyez à la presse, au procureur du roi ? Bah ! ‒ Peignez votre siècle à la manière noire,

Bavez sur l'innocence et crachez sur la gloire, Déchirez tout ! Soyez le diable Légion, Niez famille, honneur, vertu, religion, Traînez le roi Louis-Philippe dans la boue,

Souffletez Jésus-Christ sur l'une et l'autre. joue, Rimez en chenapan qui n'a ni feu ni lieu, Insultez l'empereur, maltraitez le bon Dieu, N'ayez au cœur, que fiel, furie et frénésie,

On vous laissera faire à votre fantaisie, Dire n'importe quoi touchant n'importe qui ; Canoniser Marat, diviniser Fieschi, Et par les quatre coins incendier la ville,

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