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1902

F° 112

Victor HUGO

Les prêtres ont levé les mains vers les étoiles. Ils ont dit : Il nous faut des flambeaux sous nos voiles ; Il nous faut des rayons montrant un peu de Dieu. ;

Pas trop ; une lueur, et le dogme au milieu ; A nos temples, afin qu'on y vienne en grand nombre, Il faut une clarté qui soit aussi de l'ombre ; Soyez donc ces flambeaux dont nous avons besoin ;

Notre mystère prend le vôtre pour témoin ; Car c'est nous le miracle et c'est vous le prodige ; Notre Dieu, tel qu'au fond du temple on le rédige, Veut n'être regardé qu'avec précaution ;

‒ Complétez sa lueur par votre vision ; Soyez le saint rayon qui sur nos livres tombe L'homme marche en tremblant de la crèche à la tombe ; De l'enfer peu certain le dogme est la vapeur ;

Rassurez juste assez pour qu'on ait encor peur ; Étoiles, rangez-vous autour de notre Bible ; Et, d'accord avec nous, d'un feu vague et terrible, Éclairez la naissance, éclairez le trépas.

Et les astres ont dit : Non. Nous ne mentons pas. Nous sommes les soleils et nous sommes les vierges. Entendez-vous avec ces intrigants de cierges.

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