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1902

F° 104

Victor HUGO

Pourvu qu'un sexe l'aime et que l'autre le craigne, Tout ‒ est bien. Ce gaillard est le dieu Mars. Il règne. Il est le papillon joyeux du régiment, Par les quinze ans d'Agnès regardé doucement,

Ardemment contemplé par les trente ans d'Orphise, Il est sergent. Bourgeois, que ceci vous suffise. Un groupe de beautés l'adore, un tourbillon De déesses l'entoure au front du bataillon,

Les amours et les ris l'escortent, il rattache L'essaim des Cupidons au croc de sa moustache. Et toutes les Vénus et toutes les Hébés Qui flottent mollement des soldats aux abbés.

L'Olympe tout entier le suit au corps de garde. Les étoiles font cercle autour de sa cocarde. Le tambour bat, les cœurs battent, France, en avant ! C'est lui.

L'amour et le drapeau se gonflent dans le vent ; C'est lui.

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F° 104 · Victor HUGO · Poetry Cove