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1835

ENVOI DES FEUILLES D'AUTOMNE

Victor HUGO

Ce livre errant qui va l'aile brisée, Et que le vent jette à votre croisée Comme un grêlon à tous les murs cogné, Hélas ! il sort des tempêtes publiques.

Le froid, la pluie, et mille éclairs obliques L'ont assailli, le pauvre nouveau-né. Il est puni d'avoir fui ma demeure. Après avoir chanté, voici qu'il pleure ;

Voici qu'il boîte après avoir plané ! En attendant que le vent le remporte, Ouvrez, Marie, ouvrez-lui votre porte. Raccommodez ses vers estropiés !

Dans votre alcôve à tous les vents bien close, Pour un instant souffrez qu'il se repose, Qu'il se réchauffe au feu de vos trépieds, Qu'à vos côtés, à votre ombre, il se couche,

Oiseau plumé, qui, frileux et farouche, Tremble et palpite, abrité sous vos pieds !

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