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1893

ENVOI

Victor HUGO

Tu sais ; ami rêveur qui vois ma destinée, Quelle meute envieuse, âpre, immonde, acharnée, Jappe après mes talons, et m'insulte, et me mord, Comme si j'étais grand, comme si j'étais fort !

Mets sous clef ce poème, et n'en parle à personne. Cette meute surgit dès que mon clairon sonne, Et rentre dans sa nuit sitôt qu'il a cessé. Je veux la condamner au silence forcé. —

Pour quelque temps du moins. — Cet oubli qui lui pèse — Me plaît, et je me tais afin qu'elle se taise.

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