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1893

ÉCRIT AU BAS D'UN PORTRAIT

Victor HUGO

Quand cette noble femme eut touché la frontière, Proscrite et fugitive, hélas ! mais reine encor, Emportant son grand cœur, sa tristesse humble et fière, Et ses enfants, tout son trésor,

À ce port de l'exil la voyant arrivée, Après tant de périls dans ces sombres chemins, Ceux qui l'accompagnaient disaient : Elle est sauvée ! Et pleuraient en joignant les mains.

Vers ces derniers amis que le malheur envoie, Elle inclina son front et s'écria : Seigneur ! Me voici hors de France ! ils en pleurent de joie, Et moi, j'en pleure de douleur !

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